ABOUT

Je suis Claudia, j’ai 39 ans. Je vis avec des douleurs invalidantes, de migraines et d’endométriose, depuis 34 ans.
Le pastel sec est la douceur qui a intégré ma vie et, qui m’aide à naviguer à travers mes douleurs.
Le contact avec cette matière veloutée m’apporte du réconfort et me transporte dans mon cocon intérieur.
J’ai rencontré le pastel sec en 2006. Dès l’instant où j’ai touché cette matière, j’ai été séduite. J’ai exploré différentes approches en variant les sujets, en découvrant les papiers et en réalisant des commandes. Puis pendant de nombreuses années, j’ai mis de côté ma boîte de pastels pour explorer d’autres médiums (peintures, sérigraphie, linogravure, enduits, ocres). Les frustrations rencontrées (temps de séchage, nombreux outils, temps de préparation, odeurs désagréables…) m’ont poussées à revenir à mes bâtons pigmentés. Durant toutes ces années, j’ai rêvé mes pastels persuadée qu’un jour j’y reviendrai.

Lorsque je suis arrivée dans la Drôme, il y a 7 ans c’était le moment. Je me suis séparée de tout mon matériel de sérigraphie et des autres médiums explorés jusque-là et j’ai rouvert ma boîte de pastels. Ainsi, les projets accumulés durant toutes ces années ont pris vie dans ce nouvel espace, entre les montagnes.

Processus créatif : les pastels pour tenir bon
« Hang in there »

En effet, le fait de vivre avec des douleurs à façonné mon rythme et mon cadre de vie. Je passe la plupart de mon temps seule, à l’intérieur, dans un environnement silencieux, douillet, tamisé sans lumière vive.
Je suis régulièrement immobilisée, alors je me réfugie dans mon esprit. Je peins des toiles invisibles. Elles me permettent de sortir de la douleur et de mettre à profit le temps qui passe. Je m’accroche aux nuances que j’aime, qui m’apaisent et, je leur trouve un contenant. Il faut que le tout reste assez simple, flou, sans détails, sinon la douleur prend le dessus. Si les couleurs sont apaisantes et les formes simples, alors la peinture l’emporte et le voyage artistique me transporte. Avec le temps certains détails peuvent apparaître selon l’intensité du voyage. Ma plus grande angoisse est de perdre mon tableau dans les abimes du sommeil.
C’est pourquoi, je le peins plusieurs fois. Je l’observe longtemps pour m’en souvenir. Dès que je retrouve des forces, je fais son croquis. Il me permet de ne pas l’oublier et pour pouvoir le moment venu, lui donner vie dans « la réalité ».
Les formes sont mi-cailloux, mi-montagnes, îles flottantes ou formes organiques, elles sont des prétextes pour étendre mes nuances. Elles doivent être souples et réconfortantes. Pour moi, mes pastels sont un moyen d’échapper aux maux. Je les ai longtemps imaginés avant de les créer. Aujourd’hui, ils ne s’accumulent plus dans mon esprit. Chacun prend vie pour laisser de la place pour le suivant.

Toute la beauté de ce qui m’entoure est une source d’inspiration. Le reflet sur un mur, les couleurs délicates des pétales, les nuances d’un ciel orageux, la forme d’un vase, les contours d’une flaque, les couleurs d’un tissage, les lignes d’un fauteuil… J’observe ce qui m’apaise et me remplit de joie et je stock tout ça pour survivre aux moments douloureux.

Avec le temps, j’ai eu envie de partager mon amour du pastel et de transmettre sa douceur à d’autres. J’accompagne les personnes dans leur découverte de ce médium. Je n’imagine plus ma vie sans. Le pastel fait partie de ma vie, il m’accompagne même quand je ne peins pas.

Aujourd’hui, de retour dans un environnement citadin, à Roubaix, mes rêves m’ont suivi et mon envie de poursuivre ce chemin aussi.